Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un GN ?

En premier lieu, GN est l’abréviation utilisée par les enthousiastes du loisir de jeux de rôle pour définir les grandeurs natures.

Par définition, les grandeurs natures sont des événements voulant rassembler des gens (joueurs) désirant incarner et interpréter physiquement et en taille réelle un personnage dans un univers fictif, régi par des règles de jeu et par l’arbitrage d’organisateurs (animateurs). Mais avant tout, les grandeurs natures se veulent être une activité ludique d’expérience.

Il est difficile de catégoriser ce loisir, autant peut-il être sportif au sujet de l’activité physique, marche, course et combat fictif qu’au niveau culturel : théâtral pour l’interprétation du personnage, littéraire pour la création de monde, scénario ou pour l’historique du personnage joué ou artisanal pour la confection de costumes ou d’accessoires.

Vous poserez la question à n’importe quel enthousiaste, il vous répondra que les GN, c’est un loisir à part des autres, mais aussi une passion hors du commun.

​Quand les jeux grandeurs natures en disent beaucoup sur la personnalité des participants.

Quand on pense aux GNistes, ces adultes qui participent à des jeux de rôles grandeur nature, c’est souvent l’image de l’adolescent un peu geek qui nous vient en tête. Pourtant, cette idée préconçue est bien loin de la réalité!

Alors, qui sont-ils exactement, et que viennent-ils chercher lors de ces séances de jeux hors du commun?

Profil d’un GNiste

Une étude belge, menée en 2007 par Gil Bartholeyns et Daniel Bonvoisin auprès de 500 GNistes à travers différents pays, a permis d’enterrer les stéréotypes en dressant un portrait de ces joueurs, et notamment les Québécois.

Oubliez le mythe de l’adolescent sombre et solitaire puisque, même si les participants sont en effet majoritairement des hommes dans la jeune vingtaine, les GNistes sont issus d’horizons sociaux et professionnels différents. Et les femmes ne sont pas en reste puisqu’elles représentent tout de même environ 25 % des effectifs.

Que cherche un GNiste?

Cette enquête corrobore également les nombreux témoignages qui sont régulièrement échangés sur les différents forums consacrés à cette activité ludique. Pour la quasi-totalité des participants, les Grandeurs natures permettent avant tout de s’évader de la routine quotidienne, tout en s’amusant!

Au-delà de ce sentiment d’évasion, ils y voient aussi bien d’autres bénéfices comme l’aspect social et les nombreuses possibilités d’interactions, autant en tant que joueur qu’en tant que personnage.

Et pour beaucoup, les vertus des grandeurs natures ne s’arrêtent pas là; certains y trouvent un moyen de se divertir et de se défouler, tandis que cela permet à d’autres de laisser libre-court à leur imagination, ou encore à satisfaire leur passion pour l’histoire et le fantastique.

Mais pour tous les GNistes, ces jeux de rôles grandeur nature leur permettent de mettre leur quotidien entre parenthèses le temps d’une fin de semaine, et d’évoluer dans une vie rêvée tout en partant sur le même pied d’égalité que l’ensemble des joueurs.

Être ou ne pas être son personnage

Si les personnages évoluent dans un monde fantastique, parfois même magique, il est tout de même important de respecter la dimension réaliste des grandeur nature. Alors, serait-il impossible pour un joueur timide d’apporter de la crédibilité à un personnage excessivement sûr de lui?

Souvent, les jeunes joueurs qui se qualifient eux-mêmes d’introvertis tentent de s’extérioriser à travers les jeux de rôle, dans le but de favoriser le dialogue, par exemple. Ils auront alors tendance à vouloir incarner des personnages à forte personnalité et de relever des défis et vivre des sensations qui leur ont toujours été inconnues.

En vieillissant, ces mêmes joueurs partiront plutôt en quête d’un personnage plus ambivalent et complexe. En gagnant de l’expérience, celui-ci sera alors capable d’introspection et d’assumer ses décisions.

Libérer son imagination pour développer ses talents

En effet, le succès des grandeurs natures passe par la capacité des joueurs à s’immerger dans un rôle qu’ils auront eux-mêmes construit, de son passé à ses capacités, en passant par ses caractéristiques physiques.

Pour beaucoup, le plaisir lié à cette activité ne se limite donc pas à un seul événement et commence bien avant, tout au long de l’élaboration de leur personnage. Costumes, accessoires, maquillage, vocabulaire, tout est mis en oeuvre pour entrer dans son rôle. Les participants ont la possibilité de laisser libre-cours à leur imagination et se réinventer.

Mais cette créativité a quand même des limites; peut-on, par exemple, s’improviser preux chevalier quand on a une peur bleue des épées, ou elfe si une barbe blanche peut trahir notre âge? Encore une fois, les personnages se doivent d’être crédibles pour contribuer au dépaysement recherché par l’ensemble des participants et faire avancer le scénario.

Et selon le philosophe Gaston Bachelard, l’imagination créatrice constitue notre originalité d’humains et contribue au succès de nos réalisations.

Les bénéfices du jeu

Depuis la nuit des temps, les activités ludiques pratiquées par les adultes font partie intégrante de l’évolution intellectuelle et culturelle d’une société. Pourtant, les jeux sont de plus en plus souvent perçus comme contre-productifs et inutiles, même s’ils sont bénéfiques à bien des égards.

Selon Lenore Terr, professeur de psychiatrie à l’université de Californie, les joueurs seraient plus productifs, plus créatifs et plus flexibles, autant dans leur vie professionnelle que personnelle.

Plonger dans un jeu, peu importe la forme, permettrait de s’oublier. C’est donc en faisant fi des conventions et des règles imposées par la société que l’on trouvera les ressources nécessaires, et dont on ignore souvent l’existence, qui nous aideront à nous dépasser.

Toujours d’après Mme Terr, c’est ce processus qui nous pousserait à libérer notre vraie personnalité.

L’auteur et formateur spécialisé dans la créativité marketing Hubert Jaoui abonde dans le même sens. Pour lui, les activités ludiques éviteraient l’assèchement des émotions et la mécanisation de notre esprit. Le simple fait de nous exprimer nous permettrait alors de renouer avec nous-mêmes et de retrouver notre équilibre.

Textes de Philippine de Tinguy, rédactrice Canal Vie
Les Accros

Questions fréquentes - icon-ajrgnqc

AJRGNQC
CONSTRUISONS ENSEMBLE LA COMMUNAUTÉ DU GRANDEUR NATURE AU QUÉBEC